Les nouvelles technologies et nouveaux canaux déboulent dans nos vies à une vitesse folle. Comme si nous n’étions pas déjà assez surmenés aujourd’hui, nous devons en outre être capables de saisir toutes ces opportunités. Et au bon moment, s’il vous plaît ! La question de la pertinence du modèle classique des plans annuels agite bon nombre de professionnels du marketing, des RP et de la communication. Tout comme celle-ci : ne ferions-nous pas mieux de gérer notre secteur de manière agile ? Ou le concept « agile » est-il, lui aussi, voué à n’être qu’une tendance éphémère ? C’est le débat que nous avons lancé lors de notre tout dernier Summer Lunch.

Les partis politiques, exemples d’agilité

Le terme agile signifie, littéralement, maniable. Il s’agit de travailler en partant du principe que les circonstances évoluent au cours d’un projet. La méthode agile intègre des mécanismes visant à anticiper ces changements. Entouré d’une équipe pluridisciplinaire, vous définissez des « sprints », c’est-à-dire des parties de projet qui seront finalisées en une courte période. Après chaque sprint, l’état d’avancement et les éventuels changements de contexte sont discutés.

« Les partis politiques sont de bons exemples d’organisations agiles », assure Kris Poté (Capgemini). « Ils évoluent à la vitesse de l’éclair pour répondre aux nouveaux besoins de la société. » Un raisonnement familier, n’est-ce pas ? Car ne sommes-nous pas aussi, dans notre métier, amenés à répondre plus efficacement et plus rapidement aux besoins changeants de nos clients, collaborateurs et autres parties prenantes ?

L’approche agile est particulièrement utile pour les projets complexes et de longue haleine. On peut ainsi les scinder en morceaux plus gérables. Les sprints, ou itérations, ne durent souvent pas plus d’un mois et sont considérés comme des mini-projets au sein d’un grand ensemble. Les objectifs revus ou les circonstances adaptées ne constituent donc plus un problème, car la réaction est rapide et la concertation permanente, y compris avec le client (interne).

Toutefois, bousculer le mode de fonctionnement d’une organisation pour la rendre agile est tout sauf une partie de plaisir. Davy Vandevinne (Nucleus) partage sa vision : « Nous suivons un planning trimestriel et, toutes les deux à trois semaines, nous nous attaquons à un seul objectif important. Et oui, cela implique que certaines choses restent en suspens. Mais c’est un choix délibéré. Cela nous permet aussi de boucler chaque projet d’une traite. »

La nécessité d’une culture adéquate

La méthode agile a aussi ses limites pour le marketing, les RP et la communication. Elle n’est pas à suivre aveuglément. Et surtout : l’ensemble de l’organisation doit y adhérer. Ce que confirme Anja Huysmans (Xperthis) : « Tout le monde doit être impliqué, y compris au niveau opérationnel. Souvent, les gens ont une idée qu’ils transmettent au marketing. Cela devient alors notre problème. Mais ce n’est pas le but, la méthode agile implique au contraire une concertation régulière avec les différentes disciplines. »

Agile offre une plus grande marge de manœuvre

Entre des plans et budgets annuels fixes et une approche 100 % agile : que choisir ? Ce sont là deux extrêmes. La méthode agile prône une maniabilité absolue, y compris de vos budgets. Dans l’autre scénario, tout est toujours fixé au 1er janvier. Selon Muriel Reyserhove (Cegeka), « la clé du succès réside dans un savant mélange des deux ». « Pour moi, un plan reste important pour déterminer la direction à suivre. Mais il doit laisser suffisamment de marge pour intégrer de nouveaux éléments. »

Il existe bien sûr de multiples façons d’atteindre un objectif, mais le modèle classique semble nous limiter à une seule voie. Notre conclusion : la méthode agile peut être utile pour sortir des sentiers battus et prendre un raccourci pour filer droit au but. « Plans are nothing, planning is everything », disait déjà un certain Dwight D. Eisenhower. Une philosophie qui lui a plutôt réussi !

 

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