Il y a des faits, qui sont souvent des informations, et il y a des mensonges. Parfois, les mensonges peuvent être des informations, en fonction de la personne qui les raconte – rappelez-vous l’épique I did not have sex with that woman. Mais si ces mensonges sont inventés par un chevalier anonyme de l’internet pour nuire à d’autres personnes, pourquoi leur faisons-nous l’honneur de les qualifier d’informations ? Ou peut-être que ce que l’on taxe aujourd’hui de fake news n’entre pas dans la catégorie des « infos » ?

Les fake news étaient au centre du PR Summit, organisé par C². Un thème qui – sans surprise – attire beaucoup l’attention. Depuis la campagne électorale aux États-Unis, les fake news ont envahi le monde à un rythme qu’Usain Bolt lui-même ne pourrait tenir. Tous les jours, elles surgissent quelque part : sur votre mur Facebook, en plein journal télévisé ou dans des articles de journaux consacrés au mot de l’année – pour lequel le terme fake news n’a pas été sélectionné une seule fois. On reproche à tort et à travers aux médias, et de plus en plus souvent aux gens également, de rapporter des fake news. Le nœud du problème ? Il ne s’agit absolument pas d’informations.

« Information, especially of a biased or misleading nature, used to promote a political cause or point of view, with the intention to influence someone’s thoughts and persuade them of your ideas. » Cette description vous dit quelque chose ? C’est la définition de la propagande, même si elle se rapproche beaucoup de celle de fake news. Mais s’il n’y a pratiquement aucune différence entre les deux, pourquoi ne les traitons-nous pas de la même manière ? En effet, la propagande n’est absolument pas de l’information, même si elle peut, comme les mensonges, avoir une certaine valeur d’information.

Le statut d’information dépend de la véracité du propos. Le message est faux et la personne qui le répand n’en est pas consciente ? Alors, il s’agit simplement d’une mauvaise information. C’est inexcusable mais il s’agit là d’un tout autre débat. Par contre, si le message est faux et que son auteur en est conscient, il n’est plus du tout question d’information. Malheureusement, il devient de plus en plus difficile pour les journalistes de faire cette distinction. La méfiance envers les médias, due en partie aux actions de certains journalistes, ne cesse de croître. Aujourd’hui, il s’est même créé des groupuscules qui tentent de piéger les médias en propageant de fausses informations. Leur but ? Discréditer ces médias.

Désormais, le terme fake news est devenu tellement hot qu’il déclenche immédiatement les passions. Vous n’êtes pas d’accord ? Fake news. Vous n’y croyez pas ? Fake news. Est-ce de la propagande quand quelqu’un qualifie quelque chose de fake news, même si ce quelque chose n’est pas nécessairement faux ? Et quand un grand dirigeant de ce monde taxe ce qui ne l’arrange pas de fake news ? N’essaie-t-on pas alors de convaincre les gens de quelque chose, même si l’on sait que ce que l’on dit est subjectif ?

Une chose est sûre, nous vivons dans l’ère de la post-vérité, où il est plus difficile que jamais de distinguer les vérités des contrevérités. C’est encore plus vrai pour les médias sociaux, où l’utilisateur ne peut se fier qu’à lui-même. Je peux en tout cas vous filer un tuyau : si cela ressemble à de la propagande, c’est probablement une fake news.

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